25-04-2020 — dessine-moi un mouton.

La page blanche…

Tant de papier gribouiller sur ce problème réel qu’éprouvent tous les humains qui ont une envie ou obligation d’écrire. Je ne suis pas différent de vous tous. Je ne suis pas pareil non plus !

J’ai toujours voulu être un être singulier, mais j’ai besoin de me comparer sans cesse et ce parallélisme me place la plupart du temps en situation d’infériorité. Que je me mesure à vous ou bien à la version optimale de moi-même, qui se situe inévitablement jadis, j’occupe toujours la position basse.

Que faire quand on est quelqu’un qui ne veut pas être meilleur que les autres ? Je ne veux pas faire mon supérieur et piller sur autrui en me donnant de la prestance et de la fausse importance. Comment penser à soi et se prioriser sans avoir l’air égoïste ? Comment être une bonne personne et se respecter ? Comment se connaitre dans le moment présent dans la version de soi qui n’est pas toujours à son « top » ?

Être laïque en 2020 n’efface pas les ravages de la pensée judéo-chrétienne qui cherchait à tout prix un coupable. Culpabilité oblige, ce n’est pas à coup d’hosties qu’on va se repentir. Bien que le vin, ça fait du bien.

Revenons à nos moutons, blancs comme cette page qui ne l’est définitivement plus. Je déteste les moutons, pas ceux qui nous fournisse de la laine, mais bien, ceux qui talonnent les yeux fermer les autres. Et à suivre de trop près les autres, on finit par être en arrière d’un ou plusieurs trous de cul.

Tout ça, je le sais trop bien, n’est pas la faute à Antoine de Saint-Exupery, dessine-moi un mouton, mais à un désir de vouloir se faire aimer et faire partie d’un tout. Tout comme tout le monde. Si quelqu’un veut ce « pitcher » en bas du pont, vais-je le faire ? À moins que ce soit le pont d’Avignon et que mon ami Pierrot saute le premier. Je préfère aller traire la vache à Maillot. Le problème à vouloir ne pas être comme les autres c’est qu’on finit par être une copie de tous ceux qui n’accepte pas de se conformer… anarchie je t’aime !

Je suis quand même bien avec un certain chaos dans ma vie. On dirait que de celui-ci immerge parfois le meilleur comme le pire. Les 2 polarités sont essentielles. Écrire ou non, là est la question. En fait, c’est une des nombreuses interrogations que mon cerveau avec sa pensée arborescente se pose. Il me semble qu’à chaque fois que j’ai envie de me remettre à faire des choses que j’ai déjà faites, je me trouve moins bon. Je m’estimais tellement meilleur avant ! Pourtant, si je me replonge dans ces souvenirs, je me trouvais poche.

Bref, on dirait que parfois je me perçois comme un « as been », sans jamais l’avoir été.

J’élaborerais bien là-dessus, mais j’entame la 2e page blanche…

4 saisons depuis!

D’abord, ce fut le début de l’été.

Le lendemain de la fête nationale, tel un patriote, mon drapeau fut en berne aux environs de 17h30 ce 25 juin 2018. S’en est suivi un torrent de larmes et d’incompréhension qui dura jusqu’à l’automne.

Le 31 octobre, fête des Morts : ta fête! Manger des bonbons à profusion n’aidait en rien mon chagrin encore vif, rouge et frais. Comme le froid de l’hiver qui s’installe tranquillement, la nature en hibernation me fessait penser à toi continuellement.

Les premiers événements sont toujours les pires.

Le 9 décembre tu aurais eu 65 ans, « l’âge de la retraite ». Ensuite Noël et le jour de l’an passèrent, j’ai eu l’impression que le père Noël m’avait oublié. Pourtant, j’ai été sage cette année!

Le printemps s’installa tranquillement dans mon cœur, le soleil revient et les bourgeons poussèrent. « Le temps arrange les choses », disent les sages. Certes, mais il ne fait pas oublier, car tu es inoubliable. Tu es toujours là avec moi, j’en suis sûr. Veillant sur moi et me protégeant.

La première fête des Pères fut difficile, surtout que l’an passé je t’ai offert une carte sachant très bien que ça serait ta dernière.

Nous voilà aujourd’hui, 4 jours après le solstice d’été, écoutant les 4 saisons de Vivaldi. Je peux confirmer que tu me manques toujours.

Merci pour tout papa, je t’aime.

J’en fais la confession aujourd’hui.

Je les aime !

Lorsque je les aperçois, dans un coin, seul, parmi tant d’autres, parfois coucher, parfois debout.

Je les aime, dures, souples, gros ou petits. Qu’il se prénomme Robert ou Manuel, anglais ou français. Qu’il soit épais ou mince.

Je les aime !

J’ai bien beau essayer de me faire une raison, juste leurs odeurs me donnent envie de les prendre en main et à l’aide de mon index, de les utiliser, de les dévorer ! J’aime en avoir plein les yeux, plein la bouche. Surtout lorsqu’il est concis et propre, aucune proposition ou nouveauté n’échappe à mon désir d’appropriation de la langue, et ce, de façon vulgaire ou familière.

Je suis aux mots !

Livres, je vous aime!

Ces jours-ci, je suis bombardé de reconnaissances et de preuves d’amour de toute sorte ! J’en suis peut-être juste plus conscient, cela me fait beaucoup de bien. Tout comme le printemps qui débute en amenant luminosité, joie, chaleur et vie, ce genre d’ode en mon égard met du soleil dans mon existence.

Il est, selon moi, primordial d’être reconnaissant de « ce qu’on a », autant sur le plan humain que celui matériel. Ces « ressources » sont épuisables. Personne n’est obligé de rien dans la vie, donc les gens qui nous entourent sont là par choix (en général). S’ils font partie de notre histoire et qu’ils nous aiment, c’est génial et souhaiter, en revanche s’il reste avec nous sans le désirer vraiment, un destin pas mal triste parsemé d’espérance et de déception les attend.

Je suis quelqu’un qui est immensément redevable dans ma vie pour « ce que j’ai » : pour les belles opportunités, pour ma santé, mes ami(e)s et mon amoureuse. Sachant très bien que j’ai un puits sans fond de besoin de reconnaissance, je me rends bien compte qu’au moment où j’en ai, je suis inapte de me l’approprier. Lorsque, quelqu’un me fait des compliments réels, justes parce qu’il en a envie et le faire gratuitement, sans attente en retour, cela enclenche mon sentiment d’imposteur. Le besoin de reconnaissance comparé à l’incapacité de recevoir les commentaires positifs d’autrui est un combat intérieur presque quotidien. J’ai tendance à me justifier, banaliser ou passer une remarque pour diminuer l’impact lorsqu’un tel cadeau m’est offert. Pourtant, j’occupe mes journées à être à essayer d’être la meilleure version de moi-même dans le bus d’être à la hauteur de mes propres attentes qui sont parfois irréalistes et inatteignables. Néanmoins, je constate bien qu’à force de travailler fort sur moi, il est évident que je fais écho dans la vie de d’autres. Mon but n’est pas de changer personne, je veux accompagner le plus de gens dans ce beau processus qui est d’être vrai, authentique et heureux. C’est loin d’être facile et le chemin est effrayant et inconnu, mais il en vaut tellement la peine. Occupons-nous de ce que nous pouvons contrôler et de ce qui est le plus important… NOUS.

J’ai l’impression que je tourne constamment en rond. Que ma vie n’est qu’un copier-coller des vestiges de mon passé. Un genre de Retour vers le futur ambigu. Ne sachant pas trop si je suis dans le premier ou le deuxième opus de ce classique cinématographique des années 80.

L’avantage géométrique du cercle, contrairement au carré, est que je ne peux me piéger dans le 90°. Je prends beaucoup de Risk pour ne pas m’arrimer dans l’échiquier de la vie. Parfois, ça me rend fou surtout quand vient le temps de penser à ma sphère carrière. Le rebelle en moi ne veut pas être un pion de plus.

Ce n’est pas vrai que je vais être la pièce du casse-tête de quelqu’un d’autre! Ce n’est pas vrai que je vais être le power trip ou l’objet qui se prostitue pour un salaire de mendiant dans le but d’enrichir la main qui me nourrit pour finalement n’être reconnue de mon supérieur seulement lorsque je suis en retard. Pour bien me faire comprendre que je suis son inférieur. Mais pour quelle raison?

Comment rester en cohérence avec moi-même tout en prenant une place, ma place, dans la société et le tout de façon bienveillante et authentique? Ma fâcheuse habitude de constamment me comparer aux autres m’empêche d’atteindre mon plein potentiel. Je m’autosabote, en me concentrant sur ce que je n’ai pas (comme compétence ou comme talents) et tout ce que l’autre fait de mieux de moi. La plupart du temps, la réponse est…. TOUT

Ce que je trouve difficile d’être intelligent, c’est de voir tout le potentiel qu’on a et qu’on dilue par peurs. Celle de décevoir, de se décevoir! Rentrer dans le rang signifie pour moi; être un robot. Même si en quelque sorte la machine humaine est un genre de prototype divin, j’aime me considérer plus comme un Johnny 5 ou bien un WALL-E ! Je me sens bien seul dans cette différence. Certes, je trouve quelques alliés qui à leurs façons ont une vision homologue à la mienne. Cependant, ils ne sont pas légion.

Je veux être un chef d’orchestre, rien de moins! Sinon, à quoi bon? J’ai besoin de concevoir à ma manière! Être reconnu pour qui je suis et pour ce que j’ai à offrir en dehors des attentes inatteignables et utopistes de production et de déshumanisation.

15-01-2019